L’Union européenne : enfant illégitime du Troisième Reich et des États-Unis

L’Union européenne : enfant illégitime du Troisième Reich et des États-Unis

Récemment, la France a refusé d’ouvrir des négociations pour intégrer l’Albanie et la Macédoine du nord à l’Union européenne. Une « déception » pour une partie de la classe politique européenne. D’un autre côté, le Royaume-Uni s’est éloigné d’une Europe qui ne lui ressemble pas. Des élections législatives anticipées ont permettre à nos voisins anglo-saxons de sortir de l’Europe.

Cette actualité sur l’intégration de l’Albanie nous a laissé coi. D’un côté, l’Union européenne veut s’étendre aux portes de l’Orient, de l’autre, elle se voit amputée d’un territoire à l’orée de l’Atlantique. Un pas dedans, un pas dehors : cette valse des nations présente la chorégraphie d’une danse instable. Une danse bien plus rythmée par des intérêts économiques et politiques que par la douce utopie d’une Europe culturelle et humaniste cherchant à maintenir la paix. Personnes n’est plus dupe. Et même si, depuis leur entrée, aucun membre n’était sorti de cette Union européenne économique, nombreux sont ceux qui remettent en question la légitimité d’un pouvoir européen fort.

 D’un côté, l’Union européenne veut s’étendre aux portes de l’Orient, de l’autre, elle se voit amputée d’un territoire à l’orée de l’Atlantique. 
Source: lepetitjournal.com
D’un côté, l’Union européenne veut s’étendre aux portes de l’Orient, de l’autre, elle se voit amputée d’un territoire à l’orée de l’Atlantique.
Source: lepetitjournal.com

La souveraineté des pays est mise à mal. Le tout est de savoir quel sort souhaite-t-on à l’Europe. Accepterait-on le projet d’une Europe fédérale (à venir) et dans laquelle les nations seraient des entités subordonnées unies pour résister à l’Asie, aux Etats-Unis et même au monde islamique. Dans ce contexte actuel et mouvementé, il serait bon de se souvenir de la naissance de l’Union européenne, des objectifs qu’elle visait et de l’état d’esprit qui l’animait. Les naissances douloureuses laissent des séquelles et puisque cette Europe institutionnalisée s’est faite dans le mensonge, sa politique n’est-elle pas condamné à se faire dans ce tabou ?

Une Union européenne désirée depuis la Rome antique

De l’Europe, qui ne connait pas le mythe ? Celui d’une princesse phénicienne nommée Europe dont Zeus serait tombé amoureux. Ce nom désigna aussi chez les Grecs toutes ces terres au nord du bassin méditerranéen. Avant d’être une union stratégique, l’Europe a d’abord été un rêve politique et un territoire stratégique. Celui de l’empire romain d’occident qui devint le socle de la civilisation européenne. Après sa chute, trois siècles plus tard, Charlemagne réussit à unifier sous sa couronne ce territoire de culture et de religion européennes. Cette période d’unité ne sera que de courte durée. Malgré tout, le rêve se poursuit sous Charles Quint qui veut unifier la chrétienté d’Occident. Les ambitions des Ottomans, celles du royaume de France et la réforme luthérienne met fin à son projet d’une unité européenne occidentale.

A l'origine de l'Union européenne, le mythe.  Celui d’une princesse phénicienne nommée Europe dont Zeus serait tombé amoureux. 
Source: jmguieu.free.fr
A l’origine de l’Union européenne, le mythe. Celui d’une princesse phénicienne nommée Europe dont Zeus serait tombé amoureux.
Source: jmguieu.free.fr
Propagande suisse de mouvements pro Union européenne avant la votation pour entrer dans la SDN - Source image: Wikipedia
Propagande suisse de mouvements pro Union européenne avant la votation pour entrer dans la SDN – Source image: Wikipedia

Le Moyen-Age sera une période trop instable pour permettre au rêve d’unité européenne de prendre forme, même sous l’impérialisme des couronnes autoritaires. Mille ans après Charlemagne, Napoléon a reproduit ce rêve. Un rêve qui animait l’esprit de certains intellectuels tels Henri de Saint-Sinom ou Victor Hugo dont les plaidoyers en faveur d’États-unis d’Europe sont devenus célèbres. Les « États-Unis » était l’expression de la conception des plus radicaux qui voyaient l’Amérique du nord et son éveil industriel comme modèle. De guerres lasses, les nations ont tenté de s’unir dans différents organismes à cette époque pour maintenir la paix. Le « concert européen » (de 1815 à 1914) et la Société des nations (de 1920 à 1946) peuvent être considérés comme les prémices d’une union des nations d’Europe. Cette dernière est cependant plutôt la base du modèle de l’organisation des Nations unies que nous connaissons.

Avec en héritage la mémoire du premier Reich allemand ( Saint Empire romain germanique – Xème au XIXème siècle), celle du second Reich (1871-1918), Hitler poursuit le rêve d’une unification des pays issus de la culture européenne, romaine et catholique. Pourrait-on oser imaginer que l’Union européenne actuelle porte cet héritage ? Ces prochaines lignes nous enseignent que l’idée n’est pas saugrenue et que les travaux menés dès les années 40 pour organiser cette union ont été directement repris de ceux réalisés par le IIIème Reich.

L’Union européenne a commencé sur les plages de Normandie

Il n’est pas exagéré d’affirmer que le projet de l’Union européenne a pris forme lorsque les valeureux soldats américains ont débarqué dans la Manche. Dans notre société bien-pensante, on appellerait cette affirmation « un complot ». Le propre d’un complot est qu’il doit paraître absurde et déraisonné pour ne pas bouleverser la vérité admise. Pourtant, le général de Gaule l’avait bien analysé : « Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? ». Tels sont les mots de l’ancien chef d’État rapporté par Alain Peyrefitte dans son ouvrage « C’était de Gaulle », Éditions de Fallois/Fayard (1997).

Billet de banque AMGOT, la monnaie distribuée par les soldats américains dès le débarquement pour la faire circuler et la substituer à la monnaie nationale. 
Source: museedelaresistanceenligne.org
Billet de banque AMGOT, la monnaie distribuée par les soldats américains dès le débarquement pour la faire circuler et la substituer à la monnaie nationale.
Source: museedelaresistanceenligne.org

Dans la conversation que retranscrit l’ancien ministre du général, ce dernier explique de quel façon Churchill était de connivence avec Roosevelt pour préparer le débarquement français, mettre fin à la guerre et occuper le pays. Cette occupation nommée AMGOT ( pour Allied Military Government of the Occupated Territories) aurait dû assurer le fonctionnement administratif et financier des pays « libérés » par des officiers américano-britaniques. C’était sans compter sur la détermination de Charles de Gaule qui avait toutes les faveurs d’une grande partie des Français. Le 27 juin 1944, désormais chef du gouvernement provisoire, il interdit la circulation de ces « billets drapeau » imprimés aux Etats-Unis entre février et mai 44 et en circulation grâce aux militaires américains depuis leur débarquement. Ils les distribuaient à la population dans le but de commencer à faire fonctionner l’AMGOT, sur le plan financier du moins.

De gauche à droite: le général Henri Giraud, Franklin D. Roosevelt, Charles de Gaule et Winston Churchill en 1943 - Source: lexpress.fr
De gauche à droite: le général Henri Giraud, Franklin D. Roosevelt, Charles de Gaule et Winston Churchill en 1943 – Source: lexpress.fr

Malgré la présence du général de Gaule que Churchill et Roosevelt prenaient pour un « apprenti dictateur », les États-unis ont tout de même réussi à faire de la France libérée et des pays alentour une véritable sphère d’influence. En 1947, les mouvements en faveur de l’unité européenne se sont regroupés donnant naissance au Comité international de coordination des mouvements pour l’unité européenne (CICMUE). Curieusement présidé par Duncan Sandys, gendre de Churchill, et dirigé par son secrétaire général Joseph Retinger, le CICMUE visait à organiser la propagande en faveur d’une Europe unie. Il regroupe sans les fusionner différents mouvements unionistes, notamment celui de Churchill et de son gendre : le United Europe Movement.

En mai 48, le CICMUE organise un congrès de l’Europe à La Haye et ce, sous la présidence de Churchill très lié aux intérêts américains. Ce comité se transformera en « Mouvement européen » (ME) qui décidera rapidement de la création de différents organes institutionnels. Cette organisation de gouvernance déjà bien en place débouchera officiellement sur le traité de Paris. Comme nous l’apprenons sagement à l’école républicaine, ce traité fait naître la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), blablabla…

Quand la CIA établissait déjà l’euro

Outre Atlantique, on ne perd pas de vue l’Europe. Dans un sérieux article édité dans le « Daily Telegraph », le 19 septembre 2000, Ambrose Evans-Pritchard, grand journaliste économique britanique, explique dans quelles mesures « Les fédéralismes européens (a été) financés par les chefs de l’espionnage américain », tel est son titre. À travers l’analyse d’archives déclassifiées à l’été 2000, il rend compte de l’existence du Comité américain pour une Europe unie (ACEU) de 1948 à 1960. Les archives stipulent que ce comité fut un véritable levier pour le Mouvement européen (ME) en le finançant à plus de 50%.

Le général William J. Donovan, chef de l’OSS, ancêtre de la CIA, était à la tête du ACUE, le comité européen pour une Europe unie Source: cia.gov
Le général William J. Donovan, chef de l’OSS, ancêtre de la CIA, était à la tête du ACUE, le comité européen pour une Europe unie Source: cia.gov

À la tête de l’ACUE ? Le général William J. Donovan, chef de l’OSS, ancêtre de la CIA. Son vice-président, Allen Dulles, était quant à lui le directeur de la CIA pendant les années 1950. Tout un tas de personnalités et de responsables de l’OSS et/ou de la CIA furent les membres de ce comité. Ses financements venaient de diverses entreprises privées comme la fondation Ford et Rockefeller. En douze ans, l’ACUE aura versé aux mouvements européanistes de toutes tendances l’équivalent de 50 millions d’euros.

 Allen Dulles, directeur de la CIA pendant les années 1950, fut le vice-président de l'ACUE.
Source: cia.gov
Allen Dulles, directeur de la CIA pendant les années 1950, fut le vice-président de l’ACUE.
Source: cia.gov

L’année 48 fut celle de la mise en place des outils de fonctionnement dans le mécanisme de création de l’Europe unie. Ce numéro de « Historia » l’expliquait très bien avant d’être retiré. Cette année-là, le plan Marshall (du nom de son inventeur, le général George Marshall, chef d’état-major de l’US Army puis ministre des Affaires étrangères du président Truman) est signé à Whashington. En apportant une aide massive aux pays d’Europe anéantis, les États-unis veulent devancer les partis communistes par une hausse rapide du niveau de vie dans les pays libérés. Ils veulent aussi empêcher leur propre industrie de sombrer dans la dépression en lui ouvrant de nouveaux marchés. Ces deux objectifs en visent un principal : créer une Europe fédérale, comme une anti-chambre du pouvoir état-unien.

Propagande pour le plan Marshall, en vue d'accepter le financement des Etats-unies pour reconstruire la France après la guerre
Source: histoire-pour-tous.fr
Propagande pour le plan Marshall, en vue d’accepter le financement des Etats-unies pour reconstruire la France après la guerre
Source: histoire-pour-tous.fr

Toujours dans cette idée de renforcer l’économie européenne à travers des financements privés, l’un des objectifs poursuivis par le « gouvernement » état-unien était celui d’une union monétaire en Europe. Ambrose Evans-Pritchard le démontre dans son analyse. Il évoque une note non classifiée qui est le résumé d’un entretien d’une réunion tenue le 11 juin 1965 au département d’État à Washington entre 6 personnes. Notamment Robert Marjolin, vice-président de la Communauté économique européenne, Thomas Clifton Mann, sous-secrétaire d’État aux Affaires économiques et John Robert Schaetzel, adjoint du secrétaire d’État. Cette note qui retranscrit la réunion « conseille à Robert Marjolin, de poursuivre de façon subreptice l’objectif d’une union monétaire », nous explique le journaliste. L’euro était donc déjà et depuis longtemps un rêve américain impossible à négocier.

Les pères fondateurs de l’Union européenne : au service du nazisme et des compagnies américaines

Nombreuses sont les publications écrites et vidéos de François Asselineau, représentant du UPR, expliquant dans quelle mesure l’Union européenne est d’inspiration nazi. Étant pour une sortie de l’Union européenne et ayant amassé un pourcentage ridicule de votes lors des dernières élections présidentielles, cet homme politique est assez moqué par les médias classiques. Ne servant pas de cause, le livre de Philippe de Villiers (« J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu ») est peut-être plus crédibilisé.

Le plan Dawes signé en 1924 (remplacé par le plan Young en 1929) imposaient à l’Allemagne de payer ses dettes dues à la première guerre mondiale. Elles seront honorées par les Etats-unis
Source : forkandwalktoursberlin.com
Le plan Dawes signé en 1924 (remplacé par le plan Young en 1929) imposaient à l’Allemagne de payer ses dettes dues à la première guerre mondiale. Elles seront honorées par les Etats-unis
Source : forkandwalktoursberlin.com

Quoiqu’il en soit et en ne s’en tenant qu’aux faits, force est de constater que les intérêts outre-Atlantique vis-à-vis du vieux continent ont existé bien avant l’après-guerre. Prenons le plan Dawes signé en 1924 et remplacé par le plan Young en 1929. Ils imposaient à l’Allemagne de payer ses dettes dues à la première guerre mondiale aux anciens pays ennemis. Elles seront en grande partie honorées par des aides américaines qui prouvent ainsi l’implication économique, bancaire et politique de l’oncle Sam en Europe. Les liens économiques et humaines ne cesseront de se renforcer.Il est impossible de nier aujourd’hui l’implication des milieux bancaires et industriels américains dans la montée en puissance du troisième Reich.

Les comptes rendus et les rapports sur les auditions du gouvernement publiés entre 1928 et 1946 par les différentes commissions du Sénat et du Congrès américain en sont les preuves. Un cartel international nommé I.G. Farben s’était d’ailleurs créé et avait obtenu un contrat de licence avec la Standard Oil de Rockefeller signé en 1939. Financé par cette dernière et fort de sa méthode pour créer de l’essence à partir du charbon, le cartel construisit des raffineries juste à côté des camps de concentration desquels venaient travailler les prisonniers. Les exemples de cette connivence entre les firmes américaines et le Reich sont nombreux (Ford, General Motors, ITT, Bayer, IBM qui favorisera largement la persécution des Juifs…).

Robert Schuman et Jean Monnet: les pères fondateurs de l'Union européenne ou les protégés des Etats-unis? - Source : cvce.eu
Robert Schuman et Jean Monnet: les pères fondateurs de l’Union européenne ou les protégés des Etats-unis? – Source : cvce.eu

Whashington qui finance et qui oriente, Londres qui orchestre et quelques fonctionnaires et hommes politiques qui appliquent, quel que soit leur passé. Il faut se remettre dans le contexte historique et comprendre que ce qui prévalait, c’était la lutte contre le communisme et l’enrichissement par l’économie. C’est pourquoi il fallait trouver des hommes fidèles et peu regardants sur les agissements « transaltlantiques ». Ainsi, les principaux pères fondateurs de l’Europe que sont Robert Schuman, Jean Monnet (côté français) et Robert Hallstein étaient les hommes de la situation.

Robert Schuman avait voté les pleins pouvoirs du maréchal Pétain et avait été son sous-secrétaire d’Etat aux réfugiés. C’est son rôle de leader dans le Mouvement européen qui le placent dans le cercle des protégés des Etats-Unis. Jean Monnet, lui aussi du Mouvement européen, se distingue grâce à ses proches amis américains. Notamment John McCloy, un juriste et banquier qui fut conseiller de plusieurs présidents américains et très lié à la famille Rockfeller. Homme d’affaire à succès, Monnet a toujours vécu entre les États-Unis et l’Europe et a toujours entretenu des relations étroites avec le milieu banquier et l’intelligence américaine.

Robert Hallstein, premier président de la commission européenne de 1958 à 1967, fut recyclé après un passé aux côtés d’Hitler. En 1938, il accompagne ce dernier à Rome pour présenter ses travaux sur une Europe unifiée par l’économie allemande et la race suprême. Ce plan voulu par Hitler portait le nom de « Nouvelle Europe » (Das neue Europa). Ce projet a d’ailleurs été exporté sous la France occupée et a donné lieu à une grande exposition au Grand Palais en 1941. Il a été repris lors de la signature du traité de Rome qui donna naissance à l’Union européenne à travers la CECA.

Robert Hallstein, premier président de la commission européenne a offert ses travaux sur une Europe unifiée à Hitler. C'est le plan Das Neue Europa
Source: museums.eu
Robert Hallstein, premier président de la commission européenne a offert ses travaux sur une Europe unifiée à Hitler. C’est le plan Das Neue Europa
Source: museums.eu

Ainsi, l’Union européenne est née d’une nécessité impérieuse et impérialiste issue tantôt de régimes autoritaires (les empires) et dictatoriaux, tantôt de l’emprise financière américaine. Finalement, ce que n’ont pas réussi à faire les États-Unis dans les années 40 et 50 avec l’Europe, ils le réussiront dans les années 70 à travers les différentes dictatures d’Amérique latine. Cependant, la chose était plus aisée étant donnée le sentiment d’identité et l’organisation politique moins stable dans les pays du sud des Amériques que dans le vieux continent.

Quoiqu’il en soit, dans la mesure où les mouvements et les organismes qui lui ont donné vie sont encore actifs aujourd’hui, l’Union européenne n’est pas “lavée” de ce passé obscure. Instable tant dans son fonctionnement que dans son esprit, l’Union européenne répond encore à un dictat libéral venu de Bruxelles et en partenariat avec l’OTAN (les États-Unis en somme). L’Europe appartiendra-t-elle un jour aux Européens ?

CandiceM

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