Nous ne descendons pas du singe, nous remontons des virus

Nous ne descendons pas du singe, nous remontons des virus

L'épidémie du virus Covid-19 qui a surpris le monde n’est pas un événement sanitaire sans précédent.
L’épidémie du virus Covid-19 qui a surpris le monde n’est pas un événement sanitaire sans précédent.
Source: sciencesetavenir.fr

L’épidémie du Covid-19 qui a surpris le monde n’est pas un événement sanitaire sans précédent. Déjà, en 2003, le SRAS-CoV1, un virus de la famille des coronavirus a tué mais de façon limitée. Venue de Chine également, ce virus peu combatif n’aura fait que moins de 1000 morts dans le monde. De cette même famille, le MERS a provoqué environ 850 décès depuis 2012. Ainsi, le SRAS-CoV2 appelé Covid 19 est plus mortel que ces infections pulmonaire et que la grippe hivernale. Ne perdons pas de vue que cette épidémie est devenue pandémie à cause de notre mode de vie moderne, aseptisé et nos déplacements à l’international

Cette pandémie du coronavirus en 2020 évolue à toute allure. Restera-t-elle moins meurtrière que d’autres épidémies qui ont décimé les hommes? En effet, la peste noire venue d’Asie, où elle a débuté en 1340, a fait entre 25 millions de morts. C’est 30 à 60% de la population en Europe qui fut dévastée. La grippe espagnole de 1918 a fait entre 50 et 100 millions de morts en un temps record. Elle aurait décimé près de 5% de la population mondiale. Le choléra est un autre fléau majeur. Il tue encore. Chaque année, ce sont 100 000 personnes victimes de cette infection digestive.

Cette pandémie du coronavirus en 2020 évolue à toute allure. Elle est cependant bien moins meurtrière que d’autres épidémies de virus qui ont décimé les hommes au cours de leur histoire.
Cette pandémie du coronavirus en 2020 évolue à toute allure. Elle est cependant bien moins meurtrière que d’autres épidémies de virus qui ont décimé les hommes au cours de leur histoire.

Ainsi, les microbes que sont les bactéries et les virus ont toujours eu un étroit lien avec les hommes. Il faut dire, sans eux la vie ne serait certainement pas apparue sur terre. Qui des microbes ou des cellules sont arrivés les premiers dans le fond des océans ? Le mystère n’a pas été entièrement dévoilé. Quoiqu’il en soit, ils nous constituent, nous font évoluer, nous renforcent et inondent la terre et les mers. Virus, mon ami, tu décime autant que tu donne la vie.

Le virus: un pirate à l’assaut des cellules de notre corps

 Plus petit que la bactérie et donc, plus petit encore que la cellule eucaryote, le virus a pourtant le même objectif.
Plus petit que la bactérie et donc, plus petit encore que la cellule eucaryote, le virus a pourtant le même objectif.
Source: rts.ch

La fatalité est enfant de la nature. Les Incas avait eu raison de considérer cette nature comme la Terre-mère, la Pachamama. Elle donne la vie avec les mêmes outils qui tuent et détruisent. Des outils tels que les virus. Car, sachons-le, le monde du vivant n’aurait pu se développer sans les virus. Ces êtres sont unicellulaires au même titre que la bactéries et l’eucaryote – la cellule à noyau qui constituent l’animal, nous-même, par exemple. Ces trois entités biologiques ont toujours été en concurrence dans cette terrible course à la vie. Qui de l’une ou de l’autre s’est constituée la première ? Long débat. Une chose est sûre, si elles apportent la vie c’est parce qu’elles possèdent chacune du matériel génétique. À la différence des bactéries et des cellules qui nous constituent, les virus ne sont pas des entités vivantes en tant que tel. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont besoin de loger dans nos cellules vivantes pour exister. 

 Le virus colonise la cellule, pénètre son noyau et force la cellule à travailler pour le faire se multiplier.
Le virus colonise la cellule, pénètre son noyau et force la cellule à travailler pour le faire se multiplier.
Source: microbes-edu.org

Le virus est à la frontière entre le vivant et le non-vivant. Plus petit que la bactérie et donc, plus petit encore que la cellule eucaryote, le virus a pourtant le même objectif. Il cherche à s’étendre, à dominer. Ce but n’est pas sans rappeler celui de l’humain sur la planète. Pour ce faire, le virus colonise la cellule, pénètre son noyau et force la cellule à travailler pour le faire se multiplier. Pendant ce temps, les fonctions vitales prises en charge par la cellule sont laissées de côté. Notre corps le ressent et les symptômes dû aux infections par virus se déclarent. Sous le poids des copies de virus que la cellule est obligée de produire en son sein, celle-ci explose, libérant ainsi une quantité astronomique d’envahisseurs. L’infection peut se propager jusqu’à nous tuer.

Le coronavirus appelé Covid-19 fonctionne selon ce processus infernal et destructeur. Pourtant, il ne fait partie que d’une infime portion des virus dévastateur face auxquels l’humain doit faire face depuis la nuit des temps. En effet, l’homme tout comme l’animal et le végétal est entourés de trillions de virus et ce… pour son plus grand bien !

Il pleut des virus tout autour de nous

Des océans au tube digestif, les virus sont partout. Les recherches sur ces entités microscopiques ont permis de comprendre pourquoi des virus aux formes génétiques similaires se retrouvaient à des endroits du globe très éloignés. Elles ont conclu sur le fait que les virus sont des grands voyageurs. Soulevés par les vents et les tempêtes, ces « microbes » passent d’un continent à un autre en se maintenant en vie dans les airs. Pour ainsi dire, il pleut sur nous des virus en continu. Regardez-le sol à l’extérieur. Délimitez avec vos yeux un mètre carré à la surface de ce sol et dites-vous qu’il s’y dépose 800 millions de virus au quotidien. Impossible De s’en apercevoir car nous n’en sommes pas dérangés. Ainsi, les virus qui nous entourent sont très rarement offensifs.

Pour ainsi dire, il pleut sur nous des virus en continu. Mais le système immunitaire a du répondant.
Pour ainsi dire, il pleut sur nous des virus en continu. Mais le système immunitaire a du répondant.
Source: lelivrescolaire.fr

L’océan est un autre réservoir de virus en nombre incommensurable. Avez-vous déjà bu la tasse ? Alors, vous avez déjà ingurgitez des milliards de virus. Concrètement, le nombre de particules virales que l’on trouve dans l’eau de mer par millimètre cube d’eau s’élève à 10 exposant 30. Cela revient à multiplier trente fois 10 par 10. Autrement dit, cela fait beaucoup ! Ces virus sont plus nombreux dans un millimètre cube d’eau de mer qu’il n’existe d’étoiles dans l’univers. Et il faut s’en réjouir car ils permettent de réguler l’écosystème de notre nature et de tuer les bactéries ambiantes.

Ils forment en réalité une véritable « pompe biologique ». En s’attaquant aux organismes vivants qui consomment du dioxyde de carbone, les virus intègre ce processus de pompe biologique connue depuis les années 80. Sans les virus, les planctons ne pourraient pas produire de l’oxygène ni absorber le dioxyde. Ce cycle est crucial à notre existence car les espèces planctoniques produisent la moitié de l’oxygène de notre planète. Ainsi, et puisqu’ils existent en quantité astronomique, les virus permettent d’éviter le réchauffement climatique. Sur Terre, entre 100 et 200 grandes familles de virus existent. Chacune d’entre elles en sont composées de milliards. Pour s’en donner une image, il faut imaginer une chaîne de virus qui s’étende sur 100 millions d’années-lumière.

En s’attaquant aux organismes vivants qui consomment du dioxyde de carbone, les virus intègre ce processus de « pompe biologique » connue depuis les années 80.
Source: lemonde.fr

Depuis la découverte des virus à la fin du XIXème siècle, les idées à leur sujet étaient erronées. On a cru que les virus n’étaient que ces éléments infectieux qui provoquaient les maladies. On sait désormais que les virus sont principalement bénéfiques pour les organismes vivants. Avec les progrès biologiques et les avancées en matière de séquençage de l’ADN, on s’est rendu compte de l’ampleur du monde viral. Les virus ont littéralement provoqué la vie. S’ils régulent l’écosystème en s’attaquant à des organismes, pourrait-on froidement penser qu’ils tuent certains d’entre nous pour également réguler la vie sur la Terre et la protéger ?

Les virus ont fait évoluer l’homme

Les virus pathogènes comme ceux de la famille des Coronavirus sont finalement rares sur Terre. En réalité, les virus ont plus été source de vie que de mort. Nous n’existerions d’ailleurs pas sans eux.

Ces virus qui ont façonné nos cellules

Longtemps confondu avec une bactérie, ce colosse viral nommé mimivirus fut le premier d’une liste d’autre virus géants.
Source: pourlascience.fr

En 2003, l’équipe du grand infectiologue Didier Raoult a découvert un virus géant. Longtemps confondu avec une bactérie, ce colosse viral nommé mimivirus fut le premier d’une liste d’autre virus géants. Ces trouvailles ont permis d’argumenter le lien indéniable entre le virus et la cellule eucaryote qui façonne les corps des vivants. Les scientifiques ont compris que sur les trois enzymes ARN polymérase présentes dans les cellules de notre corps, deux proviennent de virus. Elles sont indispensables à la transcription de nos gènes. Elles permettent de fabriquer nos protéines. Ces deux enzymes en question proviennent donc de virus géants qui auraient contaminé les ancêtres de nos cellules il y a des milliards d’années. De plus, la présence d’un noyau dans nos cellules s’expliquerait aussi par les colonisations virales. Pour se reproduire en infectant la cellule, les virus se renferment dans une coque. Ses parois solides ont su séduire la cellule vivante qui, au fil du temps, a fini par garder en elle cette coque devenu son noyau.

De même, les virus géants auraient renforcé les cellules eucaryotes en créant l’ADN. À cette époque, le matériel génétique de la cellule était de l’ARN, sorte de cousin moins stable de l’ADN. Pour mieux combattre les cellules qui se protégeaient et les pénétrer, les virus ont créé l’ADN. Plus résistant, l’ADN a su plaire aux cellules vivantes qui l’ont intégré pour finir par le produire. Ainsi, les virus, en cherchant à s’introduire dans les cellules qui nous constituent désormais, nous ont donné la vie. Nous avons su profiter de leurs richesses et de leur force. Cette sélection naturelle s’est faite en toute subtilité.

Ces rétrovirus qui nous ont apporté leur ADN

En dehors de ce genre de virus « destructeurs » de cellules, il y en a d’autres qui les utilisent pour y transcrire leur matériel génétique. On les appelle les rétrovirus. Ce sont des virus dits enveloppés qui transforment leur ARN en ADN. Cet ADN viral s’intègre à l’ADN de la cellule qui devient « hôte » pour que se multiplie le virus. Les rétrovirus présents dans le génome de la cellule sont appelés endogènes. Ils sont parfois dangereux. C’est le cas du VIH qui détruit les cellules de notre système immunitaire. Pourtant, certains font parti intégrante de nos cellules depuis des millions d’années.

Les rétrovirus sont dits enveloppés qui transforment leur ARN en ADN. Cet ADN viral s’intègre à l’ADN de la cellule qui devient « hôte » pour que se multiplie le virus.
Les rétrovirus sont dits enveloppés qui transforment leur ARN en ADN. Cet ADN viral s’intègre à l’ADN de la cellule qui devient « hôte » pour que se multiplie le virus.
Source: chups.jussieu.fr

En effet, certains rétrovirus présents dans nos cellules ne sont pas offensifs et nous ne nous rendons pas compte que nous sommes « infectés ». Cependant, lors du processus de division cellulaire, l’ADN viral est copié sans savoir qu’il est un intrus. Si un rétrovirus se retrouve intégré aux cellules d’un spermatozoïde ou d’un ovule, son information génétique sera alors transmise à la génération suivante. Ces changements génétiques seront alors définitifs et se transmettront de génération en génération.

 L'être humain partage 99,4% de son matériel génétique avec le chimpanzé
L’être humain partage 99,4% de son matériel génétique avec le chimpanzé.
Source: gurumed.org

Les scientifiques ont constaté que le code génétique des mammifères et des vertébrés plus généralement possèdent de nombreuses séquences ADN dérivées de rétrovirus. Chez l’humain, c’est 8% de son génome qui contiendrait des séquences de rétrovirus. Sachant que l’être humain partage 99,4% de son matériel génétique avec le chimpanzé, l’on peut se demander si ce ne sont pas l’accumulation d’ADN viral, même fossile, qui l’a fait se distinguer de son congénère simiesque.

Grâce aux rétrovirus nous ne sommes pas des poules

Sans virus, nous pondrions encore des œufs ! Oui, le virus nous permet d’enfanter par le ventre et non plus d’expulser à l’extérieur de nous le fœtus protégé de sa coquille. Car, en somme, ce que nous faisions dehors, nous le faisons de l’intérieur. Nous couvons en nous notre progéniture bien protégée par un placenta, sorte de coquille protectrice. Comment en est-on arrivé à ne plus avoir à rejeter ce corps en devenir ? Il a donc fallu l’accepter, le considérer comme faisant partie de nous, de notre chair.

Le fœtus est un corps étranger, en partie du moins. En effet, il est composé à 50% du matériel génétique du père. Pour la mère, ce fœtus est une sorte de greffe que le placenta recouvre tout en faisant le lien entre les deux corps. Si le placenta est le premier organe à se fabriquer à partir des cellules du fœtus, ce n’est pas un hasard. La fusion entre le corps de la mère et celui du fœtus est permis grâce à la fabrication de protéines nécessaire à la création du placenta. On les appelle les syncytines. Les gènes qui amorcent le processus de fabrication des syncytines sont d’origine virale. Cette présence de protéines viral a donc fait apparaître les mammifères que nous sommes. Elle vient d’une infection virale survenue y a plus de 100 millions d’années. Plusieurs vagues d’infections ont dû avoir lieu car tous les mammifères n’ont pas le même type de placenta.

Notre mémoire doit aussi beaucoup aux virus. On sait depuis longtemps que les synapses, sorte de liens entre les neurones, jouent un rôle essentiel dans la transmission de messages électriques. Ainsi, pour qu’elle soit bonne, la mémoire doit résulter de connexions synaptiques efficientes. Sans cela, la mémoire déraille. Parmi les gènes qui font fonctionner ces connexions, il en existe un particulier. Il s’appelle Arc. Devinez quoi ? Arc ressemble à certains gènes présents dans les rétrovirus. Différents tests exécutés en laboratoire ont montré que les protéines du gène Arc se comportent de la même façon que celles des gènes de virus en question. Encore une fois, nous possédons des gènes résultant de la colonisation d’un virus il y a plusieurs milliers d’années. Sans les virus, nous aurions pu être plus idiots.

CandiceM

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