Vous prendrez bien un peu de viande clonée?

Vous prendrez bien un peu de viande clonée?

Recette facile: gigot de viande clonée sur lit d’accords tacites, façon européenne

La vision des rayons réfrigérés des grandes surfaces où la viande emballée dégouline de sang est devenue on ne peut plus banale depuis l’après-guerre. Au mieux, elle fait saliver les carnivores inconditionnels qui mangeraient même de la viande clonée. Au pire, elle terrifie les amoureux des animaux. « La viande » : sous ce terme-là, on en oublie qu’il se cache en réalité des animaux sensibles qui ont été vivants, qui ont éprouvé, qui ont souffert.  Après une vie confinée, ils ont droit à une mort conditionnée. Sous le cellophane, ils apparaissent comme des produits faits à la chaîne derrière les vitrines des grandes galeries.

Il est loin le temps où l’on remerciait la nature de nous procurer telle vivre. Ce qui importe désormais, c’est le prix. Et qui plantera les dents de sa fourchette acérée en ayant une once de regret ? L’homme dénature la nature. Le contact avec cette dernière est rompu. Il l’est d’autant plus que désormais, nous mangeons de la viande clonée. En partie. Et nous sommes en droit d’extrapoler cette idée dans la mesure où il n’existe aucune traçabilité de cette viande génétiquement trafiquée.

Ingrédients: zeste d’histoire et arnaque juteuse

Depuis que le botaniste Weber a utilisé en 1903 et pour la première fois le terme de « clonage » pour désigner la reproduction de plantes de façon asexuée, les expériences en la matière se sont accélérées au XXème siècle. Avant de trouver la viande clonée dans nos assiettes, il a fallu trafiquer des grenouilles, des salamandres, des lapins, des souris, des taureaux, des chevaux… Nombreux ont été les cobayes à donner une portion d’eux-mêmes pour développer la recherche humaine. Les multiples tests de transfert de noyau de cellule dans un œuf ou un ovule ont été souvent avortés. En 1996, Dolly, première brebis clonée, a été la figure médiatique de cette aventure laborantine.

es multiples tests de transfert de noyau de cellule dans un œuf ou un ovule ont été souvent avortées avant même de retrouver de la viande clonée dans nos assiettes.
Source:  https://www.museum.toulouse.fr
Les multiples tests de transfert de noyau de cellule dans un œuf ou un ovule ont été souvent avortées avant même de retrouver de la viande clonée dans nos assiettes.
Source: https://www.museum.toulouse.fr

Pourtant, cette brave brebis ne fit pas de vieux os. Après avoir développé une ostéo-arthrose et une déficience pulmonaire, elle est morte à 6 ans, soit deux fois moins que l’âge de décès habituel pour un tel animal. Bien sûr, les scientifiques qui ont mené le projet « Dolly » ne lient pas la mort de l’animal à son clonage. En 2016, seulement moins de 15% des embryons clonés parviennent à naître en bonne santé. La plupart développe des malformations musculaires, des maladies pulmonaires ou un vieillissement prématuré. S’il est difficile d’obtenir d’amples informations sur ces pathologies, c’est parce que le clonage devient un sérieux domaine lucratif.

Un animal cloné n’est jamais identique à celui qu’il copie

Le vide juridique à échelle internationale qui existe au sujet du clonage bénéficie à quelques entreprises lucratives qui clonent votre animal de compagnie pour le prix d’une maison. Aux Etats-Unis comme en Corée du sud, le clonage a un bel avenir si la réglementation reste permissive. Dans ce dernier pays, la Sooam Biotech Research Foundation assure avoir cloné autour de 1000 animaux depuis 2006. Notamment les chiens policiers qui savent détecter des substances illicites, des armes dans les aéroports ou même des corps. Pourtant, les propriétaires fortunés qui souhaitent redonner vie à leur animal décédé savent-il que le clonage est une belle arnaque ?

Les mitochondries sont comme des petites centrales énergétiques qui possèdent leur propre ADN. Ainsi, viande ou animal clonés, rien n'est identique.
Source: https://www.museum.toulouse.fr
Les mitochondries sont comme des petites centrales énergétiques qui possèdent leur propre ADN. Ainsi, viande ou animal clonés, rien n’est identique.
Source: https://www.museum.toulouse.fr

En réalité, un animal cloné n’est jamais identique à celui à partir duquel il est copié. Le noyau de la cellule sélectionnée de l’animal que l’on veut cloner est introduit dans l’ovocyte qui, lui, est fait d’un cytoplasme contenant des mitochondries. Ce sont en réalité comme des petites centrales énergétiques qui possèdent leur propre ADN. Ainsi, même si le noyau provient de votre minou disparu, le bagage ADN présent dans ces centrales énergétiques fera de « Minou bis » un tout autre animal. Sans compter que l’environnement fœtal de la mère porteuse, l’alimentation in utero changera le « programme génétique ». Cela sans changer les gènes de l’être artificiellement créé.

Etape 1 : mélanger quelques lobbies et trois mesures de lois avortées à l’appareil européen

La recette européenne de cette soupe au clonage ? De faibles avancées agrémentées de grands reculs en matière de législation sur la viande clonée. A cela, ajoutez une bonne corruption politique et des lobbies puissants et intimement liés aux eurodéputés. « 30 % des membres du Parlement européen qui ont quitté la politique pour d’autres emplois ces dernières années travaillent maintenant pour des organisations enregistrées dans le registre des lobbyistes de l’UE », indique le rapport de Transparency International datant de début 2017.

Viande clonée: 30% des anciens membres du Parlement européen qui ont quitté le monde de la politique travaillent désormais pour des lobbies.
Source: streetpress.com
Viande clonée: 30% des anciens membres du Parlement européen qui ont quitté le monde de la politique travaillent désormais pour des lobbies.
Source: streetpress.com

La viande clonée et ce qui en résulte, tel le lait, ne faisait l’objet d’aucune législation en Europe jusqu’en 2015… Ou si peu. Depuis 1997, il faut une autorisation de mise sur le marché pour la vente de produits clonés. Bien sûr, aucune entreprise n’a fait une telle demande. Malgré cette mesure, la viande clonée passe les frontières. Si les faibles mesures prises depuis 2015 sont remises en question depuis janvier 2020, c’est par la force des lobbies. Ils veulent laisser libre le marché de la viande, notamment celle venant des Etats-Unis.

On revient sur les acquis législatifs pour ne pas froisser le commerce outre-atlantique

En septembre 2015, une large majorité du Parlement européen a adopté en première lecture un texte législatif interdisant le clonage d’animaux d’élevage dans l’Union européenne. Ce même texte interdit aussi l’importation sur le territoire européen de descendants d’animaux clonés et de produits qui en sont issus comme la viande, le lait, le matériel reproducteur ou autre. Il y est stipulé qu’un système de certificat doit garantir la nature authentique de l’animal exporté. Ce texte va bien plus loin que celui que la Commission européenne proposait en 2013.

En janvier 2020, la Commission européenne demandait à ce que l'interdiction d'importation de viande clonée soit abandonnée.
Source: touteleurope.com
En janvier 2020, la Commission européenne demandait à ce que l’interdiction d’importation de viande clonée soit abandonnée.
Source: touteleurope.com

Il faut dire, la Commission européenne est, comme qui dirait, toujours plus « libérale » que le Parlement. Étonnant ? Non car chaque commissaire européen représentant son pays est proposé par son chef d’Etat. Quand l’élite investit l’élite… Cette commission, donc, avait proposé d’interdire le clonage d’animaux en Europe sans interdire l’importation de viande clonée. Malgré la législation votée par le Parlement en 2015, elle ne démord pas. En janvier 2020, les commissaires européens demandaient à ce que les propositions de 2015 soient abandonnées.

Notre Europe fédérale, ou presque, importe chaque année jusqu’à 500 000 tonnes de viandes des Etats-Unis, du Brésil ou d’Argentine. Imposer de nouvelles mesures fait craindre aux pays membres des tensions commerciales fortes. Au vu des intérêts financiers qu’apportent les Etats-Unis à l’Union européenne, de telles tensions seraient regrettables. Chez l’oncle Sam et en Argentine, il n’existe aucun système de traçabilité des animaux vendus à la consommation. En imposer pour leur exportation bloquerait tout échange.

Etape 2: incorporer l’appareil européen à la viande tendrement importée et enduisez le tout d’un libre-échange bien capitaliste

Même si la viande importée des pays hors Union européenne reste faible en Europe, notamment en France, sa quantité augmentera. En effet, en juin 2019, l’Union européenne s’est félicitée de réserver une part bien plus importante à l’importation de viande des Etats-Unis. La commission européenne a accepté que le quota de viande réservé aux Etats-Unis atteigne 35 000 tonnes sous 7 ans. Une mesure qui sert davantage les rapports d’intérêt avec l’oncle Sam que les agriculteurs de nos régions. En effet, l’Europe est autosuffisante en matière de production de viande. Et quid de la viande clonée ? Ainsi, alors que le risque de consommer à notre insu de la viande clonée reste mince aujourd’hui, il risque de s’accroître demain.

L’Union européenne s’est félicitée de réserver une part bien plus importante à l’importation de viande des Etats-Unis, où la viande clonée est autorisée.
Source: le-clonage-tpe.weebly.com
L’Union européenne s’est félicitée de réserver une part bien plus importante à l’importation de viande des Etats-Unis, où la viande clonée est autorisée.
Source: le-clonage-tpe.weebly.com

La Commission européenne a accepté que le quota de viande réservé aux Etats-Unis augmente de 80%.

Ceci étant, il sera facile d’éviter tout risque de consommer de la viande clonée de bovins car elle est la seule viande tracée, sur laquelle la mention d’origine est obligatoire. Par contre, l’agneau, la volaille ou le porc seront difficiles à tracer. L’agneau se produit peu en France. Il provient principalement d’Angleterre ou de Nouvelle-Zélande, là où l’on autorise le clonage sur animaux d’élevage. Bien sûr, le clonage se fait peu ou prou sur les ovins, mais l’avenir sourit si bien à la viande clonée que nous risquerions d’en manger plus souvent. La France produit environ 70% de la volaille que nous consommons. Le reste vient de l’Union européenne. La volaille congelée arrive de Thaïlande ou du Brésil, un pays où l’on autorise la viande clonée. Le porc qui vient majoritairement de France (et un peu d’Allemagne, d’Italie ou d’Espagne) nous donne moins de craintes.

Les accords Mercosur et CETA facilitent le libre-échange et, par là même, la consommation de viande clonée.

Les accords avec les pays du Mercosur et avec le Canada (CETA) favoriseraient l’importation de la viande clonée.  
Source: letelegramme.fr
Les accords avec les pays du Mercosur et avec le Canada (CETA) favoriseraient l’importation de la viande clonée.
Source: letelegramme.fr

Notons au passage que les accords avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) et celui avec le Canada (CETA) favorisent l’importation de la viande clonée. Tous les pays de ces deux accords, en dehors du Paraguay, autorisent le clonage de viande d’élevage. Pesticides, OGM, conditions d’élevage, normes sociales, environnementales, sanitaires : ces accords de libre-échange visent à contourner toutes les barrières législatives au nom de l’ouverture commerciale. Avec de telles facilités, l’importation de viande clonée sera donc bien plus facile à réaliser. Ainsi, avec une Union européenne qui revient sur ses mesures législative en matière de viande clonée importée et qui ouvre son commerce au libéralisme outrancier, nos agriculteurs se voient sacrifiés.

Présenter la viande clonée bien cuite aux plus hauts degrés politiques, thermostat maximal, et laisser les convives européens déguster

Pour faire court : la viande clonée infiltrera de plus en plus nos marchés si aucune mesure ferme n’est prise. Le flou législatif et les mesures permissives au niveau international laisse la porte ouverte à toute les dérives. A quoi bon s’évertuer à fermer la porte si l’on peut entrer par les fenêtres ? A quoi bon légiférer au niveau européen si rien ne garanti l’impossibilité de voir entrer de la viande clonée en Europe.

Et les accords commerciaux qui ont le vent en poupe depuis les années 2000 amplifient cette malhonnêteté éthique. 
Source: miscellanees01.wordpress.com
Et les accords commerciaux qui ont le vent en poupe depuis les années 2000 amplifient cette malhonnêteté éthique.
Source: miscellanees01.wordpress.com

Et les accords commerciaux qui ont le vent en poupe depuis les années 2000 amplifient cette malhonnêteté éthique. Alors bien sûr, ils sont nombreux les scientifiques qui assurent que la viande clonée ne pose aucun problème pour la santé de l’homme. Ils sont tout aussi nombreux les scientifiques financés par les états pro-clonage. Le doux mystère qui entourait la vie il y a quelques décennies n’est plus. Au XXIème siècle, on parle de la vie comme d’un découpage de cellule, comme de transplantation de noyau dans des ovocytes. Facile alors de déconsidérer le luxe que nous avons de manger de la viande.

En 2013, le premier steak in vitro fut servi à Londres.

Le lien à la nature n’est plus. Pourtant, nous faisons partis d’un tout dont nos vies dépendent. C’est la nature qui finira toujours par gouverner. Les états, eux, se chargent de gouverner nos portes-monnaies. Sachant que le covid 19 était déjà présent à Wuhan en septembre 2019, sachant que certains membres du gouvernement français ont annoncé dès janvier 2020 la vague  virale en France, nous sommes en droit de nous demander si nos élites politiques et financières ne gouvernent pas contre nous. Il y a des phrases qui résument à merveille la situation du peuple … « La dictature, c’est ferme ta gueule. La démocratie, c’est cause toujours. »

Le Hollandais Mark Post  est allé plus loin que la viande clonée.
Source: viandecultivee.be
Le Hollandais Mark Post est allé plus loin que la viande clonée.
Source: viandecultivee.be

La viande clonée a un bel avenir donc. N’en déplaise aux défenseurs des animaux. Ils pourront maudire la science, mais ils pourront tout aussi bien la bénir. En 2013, le premier steak in vitro fut servi à Londres à des critiques gastronomiques. Le Hollandais Mark Post a prélevé des cellules souches sur un animal, de celles qui ont la capacité de créer un nouveau tissu musculaire lorsque le muscle est blessé. Placées dans un gel, elles prennent du volume jusqu’à former un amas de tissu musculaire. Le problème, c’est qu’il faut en abattre des animaux pour obtenir une telle prouesse. Le sérum de fœtus qui permet la multiplication des cellules provient des embryons que l’on retire des ventres des vaches une fois abattues.

La solution?

Ne pas manger de viande industrielle et/ou préféré le producteur du coin. Même dans les grandes villes, on en trouve avec de la bonne volonté. Viande clonée, viande in vitro ou viande industrielle, c’est un marché sans âme que l’on cautionne. Il relève d’ailleurs d’une des activités humaines les plus polluantes et les plus tortionnaires. Ce marché coté en bourse se joue de notre santé qui plus est. Car dans la viande de nos supermarchés, il n’y a rarement QUE de la viande.

CandiceM

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