Immigration en France: jusqu’à quand le système public tiendra?

Immigration en France: jusqu’à quand le système public tiendra?

L’immigration en France : un sujet bouillant dont on parle souvent sans même s’accorder sur les fondements de ce que ce phénomène recouvre. Mettons tout sur la table. Les tabous sont tués dans l’œufs lorsqu’ils sont ouvertement débattus. Dans ces prochaines lignes, nous ferons un constat pragmatique sans procès d’intention. Il s’agira de connaître la part d’immigrés dans la population française, de prendre en compte le coût que recouvre un tel phénomène et de comprendre les conséquences de cette immigration en France.

Si le monde n’avait pas de frontières, il n’y aurait pas d’étrangers, pas d’immigrés, pas de lois singulières à suivre ou de consensus à trouver. Mais puisque le monde est segmenté, il faut bien le régir pour vivre ensemble dans la plus pacifique des sociétés. Puisque le monde a des frontières et que chaque pays doit gérer ses dépenses, il faut bien finir par évoquer celles liées à l’immigration. La France est le pays au monde qui impose le plus fortement ses contribuables. Elle est aussi le pays à consacrer le plus important budget lié aux aides sociales, notamment pour les immigrés. Ce modèle altruiste est-il viable encore longtemps ? Est-ce une simple question de répartition des budgets ou un problème profond qu’il faut regarder en face ?

D’une immigration de travail à celle du regroupement familiale : quand les chiffres sont tabous et que le système est dépassé

Une immigration en France qui fit d’abord venir des Européens des pays voisins

L’histoire de l’immigration en France est singulière. Alors que le reste des pays européens est plutôt terre d’émigration, l’hexagone connait une première vague d’immigration à la fin du XIXème siècle. Grâce aux différentes révolution (de 1789 à 1870) et à un suffrage universel masculin précoce, les Français ont pu acquérir des terres à eux. Cependant, cette paysannerie tenace engendrait peu et vieillissait beaucoup. En même temps, la révolution industrielle a nécessité une main d’œuvre nouvelle. Raison pour laquelle, les femmes et les immigrés ont été présents très tôt dans le corps ouvrier français.

Jusqu’à la seconde guerre mondiale, l’immigration en France se faisait sans papiers particuliers. Une simple déclaration à la mairie suffisait pour être enregistré sur notre territoire. L’immigration en France était liée au travail. Elle était gérée par le patronat-syndicat qui « choisissait » sa main-d’œuvre. De 1910 à 1930, la France passe de 1 millions d’immigrés européens à 3 millions. Les Italiens sont les plus représentés. Viennent ensuite les Polonais, les Espagnols et les Belges.

En 1924, les patrons s’organisent en créant la Société générale d’immigration. Cet organisme enregistre et détermine les limites à l’intérieur desquelles les travailleurs immigrés pouvaient circuler. La crise économique de 1929 et la situation politique de certains pays alentour font augmenter la venue d’étrangers en France. Apatrides, réfugiés ou demandeurs d’asile : leurs demandes de régularisation submergent l’administration. Pour y faire face, le gouvernement durcit les critères de sélection tout en étant contraint d’accepter sur son territoire de plus en plus de nouveaux venus.

Polémique sur les chiffres de l’immigration en France : une diversion qui empêche de faire un constat sérieux

L’Etat finit par se charger entièrement de la question de l’immigration avec, en 1945, la création de l’Office nationale de l’immigration (ONI), devenu OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) en 2009. Depuis les années 2000, l’OFII a une charge de travail colossale. Bien que certains journaleux mainstream veulent nous convaincre du contraire, l’immigration en France ne représentent pas 8% de la population. Cela signifierait que ce pourcentage n’a pratiquement pas augmenté depuis les années 80.

En se fiant aux organismes d’analyses (Eurostat et Insee), le nombre d’entrées légales en France dépasserait largement les 440 000 par an. On compte 225 000 premiers titres de séjour octroyés, plus de 120 droits d’asile demandés, plus de 50 000 mineurs isolés qui sont rarement mineurs. Sans oublier les étudiants venus pour un temps. A ces chiffres, il faut ajouter toutes ces personnes qui passent les frontières sans papiers. Ces clandestins sont inconnus des services publics. Certains spécialistes évoquent 400 ou 450 000 clandestins par ans.

Ces chiffres sont a considérer avec prudence car parfois, un demandeur d’asile peut aussi s’être déclaré comme mineur isolé. De même, un demandeur d’asile qui a été débouté peut finalement recevoir un titre de séjour. Ainsi, il fera partie de deux catégories. Quoiqu’il en soit, ces chiffres représentent assez bien le phénomène croissant de l’immigration en France sur une année. Ils sont à cumuler dans le temps. Ainsi, au total, le pourcentage d’immigrés (ayant obtenus la nationalité française) et d’étrangers sur le sol de l’hexagone tournerait autour de 20%.

De l’impossibilité d’assister tout le monde

Une immigration de regroupement familiale qui apporte peu à l’économie

Les lois qui encadrent le phénomène d’immigration en France se sont multipliées depuis les années 80. En trente ans, on peut en recenser 21. Elles ont complexifié et parfois durci l’obtention d’une carte de séjour pour les migrants. Cela s’est fait en même temps que l’immigration augmentait en France et qu’elle devenait une immigration familiale. En effet, depuis 1974, la loi sur le regroupement familial (sous Giscard d’Estaing) a grandement changé la donne. Les chiffres indiquent que seulement 13% de l’immigration en France concerne une immigration de travail. En mettant de côté les étudiants étrangers et les droits d’asile, la part de l’immigration familiale est très importante. C’est sur cette problématique que repose tout l’enjeux de notre politique d’immigration. D’autant plus que seulement 14% des interdictions de séjours sont reconduits à la frontière. Le reste, ce sont des personnes qui restent malgré leur illégalité.

Ainsi, c’est une majorité d’immigrés sans projet professionnel précis ni qualification scolaire qui arrivent sur le sol français. Chaque migrant a ses raisons de venir en Europe ou en France et il va de soi que ce voyage ne se fait pas sans sacrifices pour eux. A commencer par les milliers d’euros qu’ils doivent débourser pour que les passeurs leur permettent de voyager. Laissons de côtés cette analyse humaine ou sociologique. Lorsqu’il s’agit de phénomène, de masse humaine, la raison prend le pas dans le champ de la politique puisqu’il est impossible de faire du cas par cas. Ainsi, en suivant les chiffres, il n’est pas hasardeux d’affirmer que l’immigration est aujourd’hui plus consommatrice de deniers publics que génératrice de richesse. « Peu importe! » pourrait-on dire la main sur le cœur. Sauf que, avec ce profil migratoire, les problèmes s’accumulent.

Des budgets qui ont du mal à suivre

Finalement, l’intégration des populations arrivant en France trouve sa limite dans l’arsenal d’outils déployés par l’Etat pour intégrer ces populations. Un arsenal d’autant plus lourd depuis trente ans que la part d’immigrés venue sans projets précis – nous l’avons vu – n’a cessé d’augmenter. L’OFII comme l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) n’arrivent plus à gérer les entrées toujours plus nombreuses de migrants de tout type. Les budgets sont pourtant à la hausse. Le rapport parlementaire de Valérie Boyer sur l’ « Immigration, asile et intégration » en fait le compte. Pour l’année 2020, le budget de mission d’intégration a augmenté de 40%. Celui lié à la lutte contre l’immigration clandestine a baissé de plus de 26%. Au total, le budget global pour la mission immigration, asile et intégration s’élève à 1,82 milliards d’euros pour 2020. C’est une hausse générale de 9,6%.

Dans son rapport, Valérie Boyer déplore la difficulté d’obtenir des « éléments chiffrés » des organismes étatiques car la question de l’immigration est mal gérée. Un tabou qui doit cessé d’être un complexe. En axant son travail sur la protection médicale de l’Etat et les aides sociales, la députée a réussi à révéler quelques chiffres. Entre toutes les nombreuses études qui existent sur le coût de l’immigration, celle de l’économiste Jacques Bichot semble la mieux documentée, selon la députée. Ainsi, les aides sociales et la santé pour les personnes venues de l’étranger s’élèveraient à 8,5 milliards d’euros. 4,47 milliards d’euros concerneraient les frais de justice et 10 milliards seraient dédiés à l’école et à l’enseignement supérieur. Environ 1 milliard est attribué au logement, 500 millions aux transports. Cela représenterait un total de 25 milliards d’euros. D’autres chiffres sont aussi possibles. Certains spécialistes estiment ces dépenses à plus de 80 milliards, voire 126 milliards. Qui croire?

Des retombées économiques et sociales contraignantes

Immigration et économie: impact neutre et recours aux aides sociales

Ainsi, l’immigration en France a un coût et c’est normal. Lorsque le patronat se chargeait de faire venir des travailleurs étrangers, le phénomène migratoire était purement économique. Les répercussions économiques étaient donc certaines. Aujourd’hui, la donne a heureusement changé. L’état se charge des immigrés qui viennent désormais rarement pour des raisons professionnelles – nous l’avons vu, près de 90% viennent sans projet professionnel. Qui dit « Etat » dit « impôts ». Historiquement, culturellement, les Français ont un sens de la solidarité profond. Un sens qui trouve une limite. Et ce, dans la mesure où l’impact de l’immigration dans l’économie est neutre, voire coûteuse. C’est en tout cas ce qu’affirme le rapport d’information des députés Pierre-Henri Dumont et Stéphanie Do. Ceci est dû en partie au fait que 43% des immigrés ne possèdent pas de diplôme ou, au mieux, l’équivalent d’un brevet des collèges.  

Cet impact neutre sur le marché du travail s’explique aussi du fait de l’inactivité des femmes de cette immigration (la moitié des femmes originaires du Maghreb restent au foyer). Ainsi, cette donnée corrobore celle concernant les aides sociales et révélée par le magistrat Charles Prats au Parlement. En effet, 42% des bénéficiaires des aides sociales sont immigrés. Leurs difficultés pour intégrer socialement et professionnellement la vie du pays d’accueil explique également ces chiffres. Faible niveau d’étude, discrimination, barrière de la langue… Les hommes sont souvent au chômage. Sachant que notre pays est le plus généreux au monde, il serait bon de se demander si trop d’aides sociales n’est pas un frein à l’intégration. Stephen Smith, économiste reconnu, a relevé cette hypothèse en comparant la dynamique jouée par les immigrés en France et celle aux Etats-Unis. Selon lui, il y a plus de volonté de vouloir s’en sortir lorsqu’il n’y a pas de filet de sécurité.

Répercutions sociales: quand l’immigration est indissociable de l’islam

Les années 80 avaient pourtant laissé espérer un multiculturalisme convivial et frais. Utopie ou rêve brisé ?  La marche des beurres ne serait plus possible aujourd’hui tant l’immigration ne fait plus consensus. Les émeutes des banlieues, l’islamisme politique, les affaires de voile et de hijab, les attentats et l’islamisation des quartiers sensibles sont passés par-là.

Qu’on trouve cela cohérent ou non, ces événements se répercutent sur l’image que l’on a des populations immigrées. Alors que beaucoup d’immigrés sont venus en France en acceptant le contrat social républicain (si cher à Rousseau), d’autres ne se sentent pas français. Pourtant, dans leur pays d’origine, ils sont ceux qui sont « partis vivre là-bas », ils sont vus comme Français. A ce problème d’identité culturelle s’est ajouté un problème cultuel : l’islam politique. Car, finalement, lorsque l’on parle du « problème d’immigration », on pense toujours aux Arabes islamistes. Une image justifiée car c’est la seule culture/religion qui s’accorde mal avec notre république démocratique et laïque.

Avec une augmentation constante des lieux de culte musulman, peut-on dire que la France est hostile à « l’autre »?

Sans tomber dans la psychose ambiante, il est bon de faire des constats indéniables. Depuis les années 80, la France a vu fleurir des lieux de culte musulmans. Il existe aujourd’hui et au minimum 2500 lieux de cultes musulman et 1800 mosquées. Ces nombres ne cessent de progresser. Ainsi, peut-on taxer la France et les Français d’hostiles à l’immigration, aux coutumes nouvelles ?  La présence de viande hallal dans les cantines, l’organisation d’une aumônerie musulmane dans les prisons et les hôpitaux, la tolérance du voile dans tous les lieux ou l’institution d’un Conseil représentatif du culte musulman montrent aussi l’ouverture de la France à ses immigrés. Aucune autre population immigrée n’est autant choyée par notre Etat.

Est-ce légitime de laisser empiéter sur un sol laïc autant de spécificités liées à une religion ? Chacun aura son avis. Malheureusement, on ne tranchera jamais vraiment. Quoiqu’il en soit, le modèle européen dans son ensemble et français, plus particulièrement, change à grande vitesse. Le tout est de savoir jusqu’où nous accepterons d’aller. Au-delà du coût financier lié à l’immigration, il y a ce coût sociétal. Un coût qui peut porter préjudice non seulement aux Français d’ascendance français, mais aussi à ceux d’ascendance étrangère. Dans la mesure où l’Europe comptera de plus en plus de personnes africaines sur son sol, il est plus que temps de briser les tabous pour faire avancer notre politique migratoire. D’autant plus que l’aide au développement que nous apportons en Afrique n’a pas l’effet escompté. Pourquoi distribuer nos impôts là-bas comme ici si ça ne fonctionne pas?

CandiceM

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